Le piéton de Charonne
Photos de Paris 11ème arrondissement
et d'ailleurs

    

Paris - 18ème arrondissement - Le saxophoniste et le poète.



J'aime bien traîner vers la place des Abbesses il s'y passe toujours quelque chose. Touristes obligent, les musiciens sont là, juste devant l'église saint Jean de Montmartre ou bien à la sortie du métro. L'autre personnage bien connu des montmartrois est un poète urbain. Contre une pièce il vous récite quelques vers de son cru et vous fait signer sur ses vêtements. Tous ses blousons et vestes sont couverts de signatures et de paraphes dans toutes les langues. Une vraie pétition ambulante le mec.

Vos photos sur Libération


postée par Gérard Lavalette le  dimanche, décembre 28, 2008  pour le piéton de charonne

Paris - 11ème arrondissement - Au petit Baïona rue de Charonne.



En bas de chez moi c'est le "petit Baïona", le rade de Lolo. Personnage haut en couleur, le basque a fait de son bistrot le rendez vous des amateurs de rugby. Pour la fête du Beaujolais il a laché des poules dans son restaurant. Ca fait folklore. Mais les volatiles ça bouffe et ça crotte. Donc à la casserole, Demain c'est poule au pot au menu.


Le blog de Jacques Gimard.


postée par Gérard Lavalette le  jeudi, décembre 25, 2008  pour le piéton de charonne

Paris - 11ème arrondissement - le baby-foot rue Léon Frot.



A chaque fois que je vois un baby-foot je repense automatiquement a celui du bistrot-hôtel de madame Margot. Un troquet de 20 m2 au rez-de-chaussée d'un hôtel de douze chambres, bien planqué dans le passage de la Vierge derrière la poste de la rue Cler. Un petit comptoir face au "baby", quatre tables une douzaine de chaises et un Godin toujours rutilant emplissaient l'espace. Clientèle unique les postiers et les gamins du quartier qui se défiaient dans d'interminables tournois. La partie ne coûtait que vingt centimes et si nous étions bons nous passions l'après midi à jouer sans ressortir de pièce. La règle étant que les vainqueurs restaient à leur place jusqu'à ce qu'ils soient battus. La mère Margot était une vraie mère poule pour tous les postiers et les montants des ardoises s'allongeaient jusqu'au jour de paie. Ses casse-dalle qui n'avaient rien à voir avec ceux de la SNCF étaient renommés dans tout l'arrondissement. Même le clodo qui officiait devant l'église du Gros Caillou venait becter gratis. C'était pareil pour les piaules de l'hôtel. Quelques facteurs et des paumés y avaient trouvé refuge. Pour eux c'était un miracle d'avoir trouvé où pieuter sans trop se soucier de se faire virer si le loyer n'était pas soldé à temps. Les locataires avaient rebaptisé le passage, Margot. D'après eux c'était plus mérité que passage de la Vierge. Je crois bien qu'ils avaient raison.

Un petit tour à Lyon?


postée par Gérard Lavalette le  vendredi, décembre 19, 2008  pour le piéton de charonne

Paris - 11ème arrondissement - Rue de Montreuil.



C'est la période de l'avent. Avant quoi? On se demande! Pas avant la merde on y est déjà les deux pieds dedans. Avant de s'enfoncer un peu plus, là y a des chances. Une grève générale de la police ça se serait bonnard. De quoi faire son shooping gratuitement du côté du faubourg saint Honoré, piquer quelques écharpes chez Hermès et la bouffe chez Fauchon pour offrir un réveillon à tous les clodos de ma rue. Leur ouvrir les portes du Crillon pour qu'ils gerbent sur les tapis et puis celles de l'Assemblée pour qu'ils pendent les députés. J'ai encore rêvé, il faut que je me réveille, c'est bientôt Noël, il va renaître le Sauveur. Deux mille huit piges qu'il a le mec. M'étonne pas qu'il soit sénile. Alleluia!

La rue du pressoir


postée par Gérard Lavalette le  lundi, décembre 15, 2008  pour le piéton de charonne

Paris - 20ème arrondissement - Un pochoir de Miss Tic rue Lesage.



C'est un pochoir de la Miss qui date un peu. Pas la Miss, le pochoir, mais c'est la meilleure image que j'ai retrouvée dans ma photothèque pour souhaiter l'anniversaire d'une copine qui habite Belleville. Donc chère Tatouille ce post est pour toi. Je te souhaite un très bon anniversaire avec plein de jolis cadeaux, tes copains et des tas de bises. Ah! J'oubliais. Un conseil, mets des jupes ou des robes de temps en temps. Marre de tes frocs dans lesquels tu te perds. J'sais même pas si t'as des jambes!

Tat à l'oeil.


postée par Gérard Lavalette le  samedi, décembre 13, 2008  pour le piéton de charonne

Paris - 4ème arrondissement - rue du faubourg saint Martin



Tapi dans son caisson de bois, mis au placard, notre homme cache sa misère comme d'autres leurs yeux pour ne pas le voir. Dans la lumière rase, les pigeons picorent un peu de sa solitude. Les gens du quartier l'appellent Gérard de Saint-Martin : cette particule lui va bien, au fond, elle l'inscrit dans une sorte de noblesse de rue bannie et désargentée. Il semble d'ailleurs recompter les maigres résidus de son héritage, quelques piécettes glanées au gré de ses heures qui passent aussi inexorablement que les badauds, dans une indifférence notoire. Aujourd'hui, des clochards meurent dans des circonstances étranges dans des lits qu'on appelle de fortune. Et chaque hiver c'est la même rengaine. On se met subitement à en parler, leur mort alitée mitoyenne motivant des accès de moralité citoyenne. Mais ils sont là, tout autour de nous, de plus en plus nombreux, recroquevillés dans leurs édredons de filigrane sans même un réchaud pour déglacer leur vin. A l'instar de ses frères d'indigence, Gérard a fini comme il a vécu en 2007 : entre quatre planches. On imagine sans peine son corps entre les mains d'une science qui l'avait ignoré jusqu'alors...mais est-ce qu'on autopsie l'âme des gueux ? Il reste que son corps, c'est tout ce qu'il avait dans son rôle précaire de garde-meuble urbain. Il était juste "loque à terre". Ne l'oublions pas. Ce texte m'a été offert par Chrixcel qui jongle avec les mots.


postée par Gérard Lavalette le  dimanche, décembre 07, 2008  pour le piéton de charonne

Paris - 11ème arrondissement - Chez Ali rue de Montreuil.



Il reste peu de bistrots de quartier. Je veux dire de vrais troquets, de ceux qu'il faut mériter après avoir hésité à pousser la porte d'une devanture improbable. Des petits rades, loin des bobos, encore fréquentés par des tronches qui n'auraient pas dépareillées le casting d'un film de Carné. Il faut aussi y revenir pour parler, écouter, boire des coups, se faire accepter, payer des tournées, se fondre dans le décor, jaspiner un chouia d'argomuche pour ne pas passer pour un touriste jusqu'à ce que l'objectif soit le prolongement naturel de la main. Le diriger plutôt que le braquer sur votre voisin de comptoir, un clin d'oeil et vous dites "c'est dans la boîte, merci, je vous apporterais la photo". Tout le monde est content. Des fois j'adore ce que je fais.

Bistrots


postée par Gérard Lavalette le  jeudi, décembre 04, 2008  pour le piéton de charonne

 

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