toutes − musiciens des rues − 13/111 000008_accordéon-Yvette_Horner
MONTREUIL
L'accordéon d'Yvette.
Il me faut de bonnes raisons pour quitter Paris et passer le périphérique, la banlieue ne m'attire pas,
je n'y suis pas chez moi. Pourtant je sais qu'il y a mille et une choses à découvrir et à photographier
mais je n'en ai pas encore fini et je ne finirai jamais de photographier les parisiens. Alors pourquoi aller chercher ailleurs?
Il suffit qu'un copain musicien m'indique un facteur d'orgue, un réparateur d'accordéon, ou un artisan exerçant un métier un peu décalé
pour que je me décide à passer une porte. Quitter Paris oblige à traverser le boulevard périphérique et je n'ai jamais pu habituer mon regard
à l'urbanisme qui se dresse alentour. Entrepôts préfabriqués, panneaux publicitaires, buildings anarchiques, hôtels sans charme,
échangeurs autoroutiers rien n'est fait pour qu'on s'y sente bien. Zone de passage obligé je n'aime pas m'y attarder.
Vite remonter la rue de Paris jusqu'au carrefour de la Croix de Chavaux ou Montreuil reprend vie et s'aventurer dans certaines rues
qui ont conservé le souvenir d'une banlieue plus humaine. Pousser la porte d'un atelier ou d'une boutique pour la première fois, découvrir
un personnage et son univers sont toujours pour moi une expérience bizarre. J'ai souvent l'impression d'être un découvreur alors que je
ne suis qu'un passant. Chez Laurent Jarry, dès la porte franchit, les yeux balayent des étagères où s'exposent toutes sortes d'accordéons,
de bandonéons, de Concertina, d'accordinas, des soufflets pendent en guirlandes du plafond, c'est la profusion. Mon objectif capte le maximum
d'images et se fixe sur un nom, un souvenir de femme rousse, habillée de bleu blanc rouge et qui faisait guincher sur les étapes du Tour de France...
Et puis après tout, je ne suis pas là pour vous raconter des histoires, faites vous votre film tout seul.
La boîte d'accordéon.
000008_accordéon-Yvette_Horner