Paris - 11ème arrondissement
Trois dés et onze jetons.
Dans la plupart des bistrots on jouait aux dés. A l’heure de l’apéro c’était le 421, le patron posait
la piste sur le comptoir et la partie s’engageait pour connaître le pigeon qui règlerait la tournée. Longtemps spectateur, j’ai pratiqué ensuite.
Le 421 pour les non initiés c’est tout un folklore, rien que le vocabulaire spécifique vaut son détour, et les engueulades qui fusent à la
cantonade valent à elles seules toutes les brèves de Gourio réunies.
Faire nénette, caviar, avoir les puces ou encore les têtes de mort c’est l’argot des joueurs. Et ça continue… rampeau, sec, en deux,
les p’tits, les gros, défarguer…
Il faut aujourd'hui avoir poussé quelques portes de rades pour tomber sur une partie de dés. Mais quel bonheur
de retrouver cette ambiance propre aux estaminets de quartiers. Toujours les joueurs oeuvrent sur le zinc
enveloppés des parfums d'anis et de gentiane, les rires et les quolibets retentissent dans la bonne humeur, c'est la vie du bistrot.
De toutes façons, même le gagnant offrira sa tournée.
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