
A une fête des vendanges j’avais fait la connaissance de ces deux élégants retraités. Depuis quelques années je les croise souvent à l’heure de l’apéritif dans un bistrot du quartier. De parlotes en historiettes nous sommes devenus copains. Deux destins abîmés par la vie se sont retrouvés pour une nouvelle histoire. La maladie rôde toujours autour d’Alain mais avec l’aide de Pierrette et une formidable envie de profiter de chaque instant il l’a plusieurs fois repoussée. J’adore ce couple si heureux d’être ensemble et toujours souriant.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

J’aime les bistrots aux murs patinés par la fumée, aux ambiances sombres d’où on observe la rue au travers les rideaux assis sur une banquette de moleskine. Le comptoir d’étain, quelques plaques émaillées vantant les bienfaits de l’absinthe, d’anciennes photographies jaunies et une cabine de taxiphone complètent le décor. L’ambiance est chaleureuse comme le sourire du garçon qui vêtu de noir et blanc maintient lui aussi la tradition costumière de la corporation.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Texte de Jacques Dorval
Elles s’appellent Germaine, Odette ou Simone
Qu’importe c’est des copines de trente ans
Toutes dents acérées pour se gausser
Au coin du troquet des manies
De leurs vieilles amies
Elles…elles rigolent
Elles savent comment rester jeunes au bistrot du coin
C’est là leur fontaine de Jouvence.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Mamy c’est Pauline, entourée de Riton et de Gaston un soir de fête. C’était un bistrot de copains dans lequel avec mes potes photographes et musiciens nous aimions bien nous retrouver. Nous y étions un peu chez nous, comme en famille. Toujours accueilli avec gentillesse nous étions gâtés, peut être un peu plus que les autres clients. Les soirs de vernissages c’était bondé, ça chantait et ça rigolait jusque tard dans la nuit. Terminé, fini, la page est tournée il ne nous reste que les regrets.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Se retirer dans l’arrière salle d’un petit bistrot tranquille de la rue de Montreuil pour préparer tranquillement la combinaison du quinté du jour, et ce loin du tumulte du PMU voisin, c’est ce que fait régulièrement Saïd. Une bière bien fraîche pour aider à la réflexion, un carnet pour noter numéros les gagnants, et quelques stylos publicitaires fournis par le buraliste pour valider les grilles perdantes, tout semble prêt pour que le rêve se poursuive jusqu’à l’arrivée des bourrins. Hélas les beaux stylos colorés et estampillés du logo de la compagnie française des jeux de hasard n’ont pas supporté le voyage depuis l’Empire du Milieu. Saïd fait la gueule, il veut bien filer son pognon pour nourrir les canassons mais il n’aime pas qu’on lui pique ses rêves.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Quand il ne dort pas alangui dans son panier il se pavane sur le comptoir. Mais ce que préfère Wahou c’est guetter les pigeons que nourrit sa maîtresse. Heureusement pour les volatiles et au désespoir du greffier la laisse est trop courte…
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Chez Mamy, rue Jules Vallès c’est le restaurant de Pauline et de Sylvie. Toujours souriantes et prêtes à rendre service les clients deviennent rapidement des copains. Ici pas de frites congelées et tous les matins pendant que Sylvie sert les express au comptoir, Pauline est de corvée de patates au milieu des fleurs qui décorent le bistrot. Je vous recommande ce petit restaurant où on aime se retrouver entre amis tant l’endroit est chaleureux et la cuisine familiale. C’est au 3 de la rue Jules Vallès dans le 11ème bien sur.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

C’est l’heure de l’apéro et les choses sérieuses commencent. Les tournées de pastaga vont se succéder mais qui va casquer la douloureuse? Pour connaître le pigeon va falloir rouler les bobs. Les p’tits, les gros, sec, à fond, nénette, les expressions fusent… C’est le meilleur moment pour les amateurs de brèves de comptoir.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Fut une époque pas très lointaine, sur les comptoirs de tous les bistrots trônait le présentoir d’oeufs durs. Plus coupe faim roboratif que véritable repas il connaissait un franc succès. J’en ai cassé bien des douzaines sur tous les zincs de Paname vers quatre heures du mat. à l’heure ou le pain de la veille est rassi et les croissants pas encore sortis du four du boulanger. Epoque terminée. Législation oblige, plus d’oeufs durs sur les comptoirs, gaffe aux salmonelles et autres bactéries. Pourtant en ouvrant l’oeil (les deux c’est mieux) on peut encore en voir dans quelques brasseries. Moi j’aime bien trouver un présentoir d’oeufs durs sur mon zinc.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Comptoir. La nuit tombe. Deux personnages, deux peintres, deux verres. Un rouge, un blanc, un instant volé pour une photographie en noir et blanc.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne