
Quand on se promène sur les toits on recherche toujours un point de vue. On prend son temps et on essaye de composer une image avec Un premier plan et un arrière plan, en incluant de beaux nuages. Quand le ciel est d’un gris presque blanc c’est pas gagné. Et puis des jours on a un peu de chance quand le regard s’éloigne et qu’il attrape une cabane de couvreurs de l’autre côté du carrefour. Il ne reste plus qu’à attendre, le dos calé contre une cheminée, que l’ouvrier entre dans le cadre pour déclencher.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

C’est l’histoire d’un projet qui naquit en octobre 2008 lors d’une exposition de photographies extraites du site Le Piéton de Charonne à la bibliothèque Faidherbe. Patrick Bloche, le maire de l’arrondissement me demanda de travailler sur un livre retraçant la vie des habitants de l’arrondissement. La plupart des images étaient déjà dans mes archives et il me restait à entreprendre de scanner un grand nombre de négatifs. J’ai environ 20000 photographies sur le 11ème et j’en ai numérisé à peu près 2500 à partir de mon fond. Ce fut un premier tri mais il me restait quelques endroits oubliés à immortaliser. Par facilité, j’optais pour le numérique. Pas si évident après 40 années passées à manipuler des films et des révélateurs. Pour faire un livre il faut aussi choisir un éditeur qui soit intéressé par votre projet mais surtout qui a une sensibilité proche de la votre. Pour fabriquer un livre sur Paris l’éditeur dont je suis le plus proche est Parimagine. Fondée par Jean louis Célati Parimagine édite des livres pour le compte de l’association « la photothèque des jeunes parisiens ». L’associatif j’aime bien, les salariées sont des copines et les bénévoles de bons potes. Emilie Morel et Lionel Mouraux ont commencé avec moi le second choix des images parmi les quelques 2000 que je leur ai présentées. L’équipe municipale qui suivait l’avancée de notre travail nous a toujours laissé carte blanche. Vient ensuite la difficile épreuve dite du chemin de fer que vous devez présenter au maquettiste. Vous êtes content de votre travail mais son oeil professionnel vous recadre rapidement en vous expliquant pourquoi ces deux photographies que vous avez associées ne se renvoient pas. Il faut faire des concessions pour arriver à un accord, retirer des photos que vous aimez bien et les remplacer par d’autres qui vous semblaient moins digne d’intérêt. La maquette terminée, couverture comprise, validation par le commanditaire, l’éditeur, l’auteur (Bibi) reste l’imprimerie. Je suis allé au calage chez MAME à Tours et j’ai rencontré des gens formidables amoureux de leur métier et fiers de leur savoir faire. Je suis satisfait et attend avec impatience que le livre arrive à Paris. Normalement vous le trouverez sur les rayonnages des librairies parisiennes vers le 15 mai. Ne le volez pas mais achetez le car les montants des ventes sont intégralement reversés à l’association.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Cette année c’est le 2 mai que l’association Bellevill’Monpant organise le bal anar à partir de 15h place de Ménilmontant. J’y retrouverai tous les potes gambilleurs et musicos.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Situé à l’angle des rues Trousseau et Charles Delescluzes (journaliste communard) le jardin est géré par l’association du quartier Saint Bernard. Plusieurs manifestations y sont régulièrement organisées et chaque adhérent cultive une parcelle d’un centiare. La jolie jardinière surprise avec son arrosoir est Odile Bouxirot, artiste peintre et voisine de comptoir. En tout bien tout honneur, nous ne buvons que des petits noirs. Le site d’Odile.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Quand on se retrouve avec des copains c’est toujours au bistrot. Autant choisir un bel endroit et dans notre quartier le plus beau des cafés c’est celui-ci. D’ailleurs il est inscrit au patrimoine et la devanture est protégée.
Un café est attesté en 1905 à cette adresse, à l’angle de la rue de Charonne sur la partie de l’avenue Ledru-Rollin ouverte en 1895. Il s’installe au rez-de-chaussée d’un immeuble construit en 1902 par l’architecte Jules Galopin. La devanture est composée d’un coffrage de bois vernis avec des arabesques Art Nouveau. A l’intérieur, le décor comporte deux panneaux de céramique (non signés) représentant des figures féminines, allégories vraisemblablement de l’été et du printemps. L’établissement s’appelle en 1997 « Le Bistrot du Peintre » après avoir été « Le Carrefour », puis « La Palette Bastille ». L’enseigne d’origine, « A Jean Pierre, vins, liqueurs, bières, café, billard » est encore lisible sous la marquise. Extrait du site des édifices classés par le ministère de la culture.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

C’est Paulo le frangin d’Elno. Tous les deux font partie des Négresses Vertes. C’est l’époque des chanteurs et des groupes de rock alternatifs qui, pour la plupart, ont fait leurs débuts dans des bistrots du quartier. Je croisais les Négresses et Mano Solo aux Petits Joueurs rue de la Main d’Or, Charlélie Couture, François Hadji Lazaro et ses Garçons Bouchers s’encanaillaient à l’Ange Vin rue Richard Lenoir pendant que Topor dessinait sur une nappe de papier. Plus loin sur le faubourg Yan faisaient bourdonner ses Abeilles et Sanseverino donnait ses premiers concerts au bar de La Liberté. Christian Olivier et ses Têtes Raides s’installaient rue Faidherbe et la Grande Sophie chantait dans les rades. Les Négropolitains se produisaient en alternance avec Brigitte Fontaine sur la minuscule scène des Portes rue de Charonne et j’en oublie encore. Il n’est pas chouette mon quartier?
Zobi la mouche.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Il doit être aux environs de 8h00 et comme tous les matins je mets le nez à la fenêtre. Chouette, il neige. Ce n’était pas prévu. Pourtant je pensais que la météo était une science absolue. Ben oui quoi? Lorsque je regarde le tournoi de Roland Garros on sait à la seconde précise lorsqu’il faut tirer les bâches pour protéger la précieuse terre battue. Oui je sais que pour les autres prévisions c’est plus aléatoire. Ca ne tombe pas très fort et ça m’étonnerait que ça tienne longtemps. Juste faire quelques photos depuis mon balcon, sans pied, j’ai la flemme de l’installer. Les silhouettes des fidèles sortant de la prière du matin prendront un air de fantômes donnant un peu de fantasmagorie à une photo ouatée
Francis Campiglia photographe.
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Un soir d’hiver les trémolos d’une trompette jouant un air de jazz me poussent à franchir le portail du passage Lhomme. Pas d’éclairage si ce n’est que celui de la lanterne du garage. Pourtant j’aperçois la silhouette engoncée du musicien, qui, malgré le froid pousse sa sérénade. Seule une fenêtre s’ouvre et se referme aussitôt, il gèle fort. La belle n’apparaîtra pas à sa croisée ce soir. Alors la musique change, devient plus mélancolique et les notes de « Embraceable you » de Gerswhin s’envolent dans la nuit de janvier.
Round midnight
gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Un cycliste courageux apporte une tâche de couleur rompant la monotonie d’une image sans importance.
Un petit tour du côté de la rue du Pressoir.
© gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Christian Laucou est un sacré personnage. Aussi fondu que son plomb. Non content d’avoir acquis des machines anciennes pour travailler tous les métiers de l’imprimerie il fabrique ses polices de caractères lui même. Imaginez le boulot. Fondu je vous dis.
© gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne