Saint-Ouen – Marché aux puces – L’échope Annabela au marché Vernaison.

Parmi tous les marchés qui composent les puces de Saint-Ouen j’ai toujours eu une préférence pour Vernaison. Ca tombe bien, c’est là que ma copine Annabelle a ouvert son échoppe. Passionnée de vêtement rétros elle sélectionne avec passion toutes sortes d’habits et de pièces de lingerie vintage. Depuis peu, l’échoppe a baissé son rideau et la Belle proposera d’ici peu de temps une sélection de beaux vêtements dans son loft de Paris 17ème.

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Paris – 11ème arrondissement – Rue du faubourg Saint – Antoine.

On s’enferme, on se sécurise, on se protège les digicodes ont remplacé nos concierges. C’est bien la modernité mais il faut se souvenir de son code. En vieillissant je vais me le faire tatouer. Putain de digicode.

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Paris – 11ème arrondissement – Bistrot Mélac, La Fermeture, samedi 27 avril 2013.

19 heures, je suis l’un des premiers invités à pousser la porte du bistrot Mélac. Depuis 36 ans je viens ici chaque semaine.
Les tables sont déjà dressées, empilées d’assiettes de fromages, de charcuterie de chez Laborie, d’ailleurs le célèbre charcutier est venu de son Cantal pour célébrer la fermeture. Des bouteilles partout, Jacques m’avait dit « nous allons vider la cave » je crois bien qu’il va tenir sa promesse.
20 heures, le bistrot est plein à craquer. Les bouteilles de blanc, de rouge, de toutes provenances apparaissent. Je voudrais avoir quelques mots sur le sentiment de Jacques, il a du mal à me parler. Il laisse ici une partie de sa vie, de son âme c’est aussi ce que me dira l’une de ses filles. Quant à Elisabeth, son épouse, ce soir, elle ne peut pas il y a trop d’émotion et me propose de revenir lundi matin pour qu’elle et lui me racontent…
21 heures, on ne peut plus bouger, les trois salles sont pleines et la ripaille se poursuit sur le trottoir. Malgré, les daubes, les saucisses aligots et les tripoux qui circulent sur toutes les tables, on mange debout dans la cuisine et sur le comptoir. J’ai comme tous le sentiment de ne pas être venu à une fête, il règne plutôt une ambiance de banquet d’après enterrement. Tous les habitués sont là, venus en voisins où de beaucoup plus loin, j’ai croisé un animateur de RTL présent depuis trente ans aux vendanges, Gérard Darmon a trouvé à s’asseoir mais rapidement il se lève pour discuter avec les habitués.
22 heures, nous devons être plus de 200 dans le bistrot et il y a autant de cadavres de bouteilles, il reste encore assez de vin pour arroser les desserts. Glaces, gâteaux au chocolat, iles flottantes et crèmes brûlées, Jacques à son habitude n’a pas lésiné et la consigne est simple, il faut tout boire et tout manger. On reprend de la terrine pour pousser les moelleux au chocolat sur des grandes tartines de pain offert par Poilane pour l’occasion . Patrick Bloche le député maire de l’arrondissement n’a pas voulu rater l’évènement, je le connais bien et lui demande de me raconter l’anecdote qui est pour lui la plus marquante depuis qu’il fréquente Chez Mélac, c’est à dire depuis 1978. « mon souvenir le plus frappant date de 1997. En juin, pou fêter le 2ème tour de mon élection mes collaborateurs m’ont invité chez Mélac on nous avions nos habitudes. Pour la circonstance ils avaient commandé à Jacques une cuvée spéciale Patrick Bloche. Peut être un peu par superstition je craignais de voir cette bouteille à mon nom. Finalement elle a été pour moi un porte bonheur car je suis toujours député maire de l’arrondissement. Jacques a su donner une vie à la rue en lui donnant un nouvel élan, on ne va plus dans le quartier Léon Frot, mais dans le quartier Mélac. C’est le 11ème arrondissement comme on l’aime et comme on voudrait qu’il reste. Jacques a été un des pionniers du bistrot parisien classique tout en maintenant la tradition du bistrot populaire. »
23 heures, dans la rue des groupes chuchotent, malgré le vin absorbé il n’y a pas le brouhaha habituel. Qui connait le repreneur? Quelle va être l’ambiance?
Déjà on se sent un peu orphelins, la fin d’un bistrot comme celui ci c’est une tranche de vie qui se referme. Je salue les amis et comme Jean- Bernard Pouy je repars à la recherche du Bar Parfait.

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Paris – 4ème arrondissement – Sur le pont d’Arcole.

Un pont de Paris dont l’origine du nom est controversée. Ancien pont de Grève racheté par la ville de Paris on le baptisa ainsi non en souvenir d’une bataille gagnée par Bonaparte, mais en mémoire, dit-on, du jeune homme qui faisant partie d’une colonne d’insurgés marchant sur l’Hôtel de Ville, fut tué sur le pont de Grève (ancien nom de la place de l’Hôtel de Ville) le 28 juillet 1830 en y plantant le drapeau tricolore : « Rappelez-vous que je m’appelle Arcole » aurait-il dit en tombant. Ce propos a du être déformé, car il n’existe aucune victime du nom d’Arcole sur la liste de celles tombées au cours des « Trois Glorieuses » qui est inscrite sur la colonne de juillet de la place de la Bastille. En réalité le mort du pont d’Arcole se nommait probablement Jean Fournier. On est donc pas sur de l’origine du nom de ce pont…

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Picardie – Saint Valéry sur Somme. Chemin de fer de la baie de Somme.

Un week-end de printemps en baie de Somme. Profitez en pour photographier les très belles locomotives et pourquoi pas d’embarquer dans un des trains qui vous mèneront de Cayeux sur Mer à Le Crotoy en passant par Saint Valéry sur Somme. Dépaysement garanti.

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Paris – 11ème arrondissement – Le Silence de la rue.

Drôle de nom pour une boutique dédiée à la musique. Depuis 1998 Christophe Ouali distribue toute la bonne discographie dans sa boutique de la rue Faidherbe. Spécialiste du vinyle vous trouverez toutes les rééditions de la nouvelle chanson française, de la pop anglaise, du jazz classique, du reggae…Enfin tout et les mêmes sur CD. Les tops des ventes françaises restent Gainsbourg, Baschung, Arnaud, Darc. Même ici les clients ont bon goût.

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Paris – 11ème arrondissement – La chatte du Balto.

Rue du faubourg saint Antoine, le Balto est un petit tabac tenu par Angèle. La patronne est une truculente femme toujours prête à vous compter des histoires de quartier avec une gouaille qui n’existe plus que dans les films d’Audiard. Parlez lui de cuisine, elle a une recette pour tout et peut vous en raconter jusqu’à ce que la salive vous arrive dans la bouche. L’autre vedette du lieu c’est mademoiselle Dimanche. Une magnifique chatte grise qui n’hésite pas à accaparer l’espace. Sur le comptoir, la caisse ou une table elle se vautre, ronronne et mendie des caresses. Je ne sais pas qui est vraiment la taulière ici.

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Paris – 11ème arrondissement – RÊVES D’AMINCHES…


« Tu comprends, le problème, avec les amerloques, c’est qu’ils entravent que nib aux p’tites choses de la vie…
Leurzigues, y faut toujours qu’ils gaffent la moindre des choses à la m’sure de leurs buildings…
Tu vois, Milo, hier soir au rade, avec tout l’état-major de tonton Sam, il a fallu encore qu’ils nous en cognent plein les mirettes,
c’est qu’chose, moi j’te l’dis! Tu m’connais Milo, j’suis un épicurien… D’entrée j’voulais l’enrubanné terroir… assiette de charcutaille auverpine, Bordeaux cuvé du taulier et p’is tiens, même… pourquoi pas un œuf dur sur l’coin du zinc avec un p’tit coup d’Sauvignon…!
Ben non, trop prolétarien et franchouillard pour leur tierce!
Si ils voulaient nous la faire rupin-platine, fallait causer, on aurait fait péter les roteuses…
Tu parles, vlan!… Ils nous la coltinent produit chimique, décapant et limonade… Ils préféraient du ronflant?
Fallait l’dire… on sortait la mirabelle et l’calva! Moi, l’Bourbon et le soda-Gin, j’ai rien contre,
qu’ce soit claire. Mais un de d’temps en temps alors… et surtout pas les deux à la fois. Ça vient pas d’moi, c’est du côté d’la boite à ragoût qu’ça joue en touche… Parc’que là, merci du billet d’loterie.
Après, ça m’fiche la gamberge et j’me caille la laitance comme une sentinelle de la Wehrmacht sur les bord de la Volga…
Les alcools de céréales, moi ça m’fout des angoisses, qu’est-c’que tu veux que j’te dise !…
Toute la sorgue, je rêve qu’il y a des mirontons qui veulent me dessouder… Ou pire, je gamberge que j’suis en mission pour le gouvernement et que j’ dois sauver la nation!
Tiens, du coup, cette sorgue, pour te dire, tu sais d’quoi j’ai rêvé…? Non…?
Ouvre bien tes écoutilles, ça vaut son pesant de cacahuètes:
- Le président du conseil me faisait parvenir en main propre, par un motard de l’Elysée, un pli signé du président de la république en personne!
Il me demandait de ralléger sur le champ gare de Lyon, pour décarrer par le train de midi cinquante précise direction Dijon!
Tu sais pourquoi faire…? Tiens toi bien…!
Je devais me rendre chez Amora avec deux seaux à incendie pour les faire remplir de moutarde forte et les ramener aux cuisines de Matignon pour un diner d’état en l’honneur du Négus! Tu parles d’une connerie, non ?…
« Ah ben je veux, mon pauv’e Raoul… Ce qui m’fait marrer, c’est qu’sur mézigot, les détergents ça a plutôt l’effet d’me carrer l’oriflamme au vent….
Quand j’me suis pieucé, j’avais une sérieuse envie d’carrer Villejuif dans Pontoise… si tu vois d’quoi j’veux causer…
D’autant qu’les trois gigolettes du service de protection rapprochée de nos ricains, avec leur p’tit accent racoleur et leur air de »n’y touchez pas », elles m’avaient embroussaillée l’pâton à la l’vure! Moi aussi, figure-toi, quand j’ai tisé un peu lerche, je fais des rêves à la branque…
Là c’était pas d’la Série-Noire, mais plutôt du Paris-Hollywood… Ça a tourné aussi à l’angoisse, après, mais dans un autre registre. Ecoute aussi que j’t'affranchisse:
- C’était l’matin et je faisais mes courses sur l’ marca… Comme d’hab’, je passais successivement l’étal de la fleuriste, de la marchande de primeurs, de la crémière, celui de la charcutière, de la mercière et de la fripière…
Sauf qu’au fond d’ma gamberge, c’était pas les rombières molles de la tétine et grasse du faubourg, de la réalité du jour qui officiaient!
Morphée m’avait chanstiqué le lot par des prix de Diane girondes du jabot et frétillantes du soissonnais, genre gambilleuses des Folies-Bergères. Chacune leur tour, elles me glissaient, au passage, un petit mot dans la pogne…
Figure-toi que les gerses me donnaient toutes rencard dans un hôtel particulier pour trimarder en Pays-Bas…
Je te laisse gamberger le festival touristique! Sauf qu’elles étaient six et moi seulabre…
J’suis pas un feignant du plumeau à poussière, mais là, après la septième excursion, j’ai rengracié…
et quand j’me suis réveillé tout en sueur, le battant qui jouait la java, j’ai même cru que j’allais calencher…
Surtout quand j’ai vu qu’j'avais un cierge sur l’ventre…
« Mince, c’est ballot tout ça… Dis donc, t’aurais pu penser aux potes et v’nir me dégauchir pour ta cueillette du cresson, j’t'aurais filé la pogne… »
« C’est ce que j’ai fait, figure-toi… Je suis passé par ton garno, mais ta bignole m’a affranchit que tu étais parti en service commandé pour le gouvernement attriquer d’la moutarde à Dijon… Du coup je l’ai joué tout seul, placé six contre un! »
« Ben c’est pas d’chance, ça… Quand je te dis qu’les produits mâtinés Commonwealth, ça m’réussit pas…
Allez, viens Milo, on rentre au chaud et j’ te paie un Pernod… »
« Attends, faut qu’ j’rentre la chaise… »

Texte de Raoul d’Aubervilliers

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Paris – 11ème arrondissement – Le temps des Vendanges.

A quand reviendra le temps des vendanges et des belles cueilleuses qui d’une main délicate sépareront les grappes… La cuvée Charonne 2012, je peux vous le prédire, elle aura de la cuisse.

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

Paris – 11ème arrondissement – Jean-Claude Dreyfus.

Parrain des vendanges 2012 organisées par Jacques Mèlac Jean-Claude Dreyfus était venu présenter son nouveau livre « Ma Bio Dégradable ». J’avais rencontré à plusieurs reprises c’est étonnant personnage qui m’a toujours fasciné. Dans les années 70 je l’ai rencontré pour la première fois au cabaret La Grande Eugène situé près des Champs Elysées. Vedette transformiste du spectacle il était venu discuter à notre table, depuis je l’ai croisé plusieurs fois et l’homme est toujours aussi abordable. J’ai fait l’acquisition de son livre marqué de la tâche du verre de vin que nous avons renversé dessus. Indélébile mais dégradable.

gérard Lavalette pour le Piéton de Charonne

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